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Procès Pénal - Contrefaçon de logiciel Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 

Comme l'action civile, l'action pénale permet de faire cesser l'acte de contrefaçon et d'obtenir une réparation pour les dommages causés par la contrefaçon elle-même. Elle permet en outre d'obtenir une sanction pénale du contrefacteur.

 

Les sanctions pénales :

 

La contrefaçon de logiciel est punie de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende. Lorsque la contrefaçon de logiciel a été commise en bande organisée, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 500 000 euros d'amende.

 

Le juge pourra en outre ordonner la confiscation des matériels ayant servi à l'acte de contrefaçon ainsi que la confiscation des sommes résultant des ventes.

 

L'autre intérêt de la procédure pénale se situe au niveau probatoire. Le demandeur peut profiter, lorsqu'il y a lieu, des moyens mis en œuvres par le juge d'instruction pour établir la réalité de l’acte incriminé. Ces moyens peuvent être coercitifs. Dans la mesure où la contrefaçon peut être punie d’emprisonnement, il est possible d’engager la procédure de flagrant délit prévue par l’article 67 du Code de procédure pénale. Garde à vue et perquisitions sont donc possibles dans ce domaine.

 

 

L'un des principaux inconvénients de l’action pénale est que si la contrefaçon n'est pas établie le demandeur s'expose à une condamnation pour dénonciation calomnieuse. C'est pourquoi en pratique, les avocats ne proposent à leurs clients de déposer plainte avec constitution de partie civile ou ne procédent à des citations directes que lorsque les faits sont parfaitement caractérisés et que l'intention délictueuse de l'auteur de la contrefaçon ne fait pas de doute.


La cessation de l'acte de contrefaçon :

 

Le juge peut tout ordonner toutes mesures, y compris sous astreintes, pour faire cesser l'acte de contrefaçon.

En cas de condamnation civile pour contrefaçon commerciale le juge peut notamment ordonner  que les supports réalisés ou fabriqués soient rappelés des circuits commerciaux, écartés définitivement de ces circuits, détruits ou confisqués au profit de la partie lésée.

L'avocat du demandeur pourra encore demander la publicité du jugement condamnant le contrefacteur, dans des journaux ou sur le site internet du contrefacteur.


La réparation du dommage :

 

Le code de la propriété intellectuelle prescrit au juge pour fixer les dommages et intérêts, de prendre en considération le manque à gagner pour la victime de la contrefaçon (baisse du chiffre d'affaire) et les bénéfices réalisés par l'auteur de l'atteinte aux droits (chiffre d'affaire réalisé par le contrefacteur).

Un préjudice futur peut être pris en compte pour le calcul des dommages-intérêts dès lors qu’il apparaît comme « la prolongation inéluctable"  de l'acte de contrefaçon.


Notons que l'avocat peut demander communication des pièces permettant l'estimation du préjudice à la partie adverse dont notamment les quantités produites, commercialisées, livrées, reçues ou commandées, ainsi que sur le prix obtenu pour les logiciels contrefaits.

L'estimation du dommage n'est cependant pas toujours aisée. Si l'avocat le demande, le juge peut, à titre d'alternative et sur demande de la partie lésée, allouer à titre de dommages et intérêts une somme forfaitaire correspondant au minimum  au montant des redevances ou droits qui auraient été dus si l'auteur de l'atteinte avait demandé l'autorisation d'utiliser le logiciel contrefait.

Si la victime de l'acte de contrefaçon justifie de circonstances de nature à compromettre le recouvrement des dommages et intérêts, son avocat peut demander des saisies conservatoires sur les  biens mobiliers et immobiliers du prétendu contrefacteur. Il peut obtenir le blocage de ses comptes bancaires et autres avoirs.

 

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